Les Floralies de Nantes

Publié le par Kamila


MAINTENANT :

 

C'est en ce moment now, au parc des expositions de La Beaujoire !

Ä Célèbre stade de foot aussi !

Ä Je dis ça pour les nanas, qui sont certainement plus au courant des expos de plantes vertes que des scores quotidiens de la Ligue 1… Et de là à savoir dans quel parc de jeux les mecs en short se courent après... beuh...

Ä Enfin, en général, hein, parce que je sais bien qu'ya des nanas qui aiment le ballon rond ! Et c'est tant mieux ! Surtout quand la coupe du monde démarre en même temps que les soldes, comme ça ya moins de concurrentes sur le 38/40.

Ä Remarque, un ballon noir et blanc, ça fait un peu bonnet pied de poule Cacharel, non ? Huuummmm, sympa finalement...

 

AVANT :

 

Or donc, l'exposition est à Nantes tous les 5 ans. Faut pas la louper.

Comme j'ai pas mal de temps libre puisque je ne travaille pas, je me suis donc dit en mon for intérieur : allez, maman, bouge, come'on, moove !

Cultive-toi un peu !

Habille-toi, peigne-toi, décolle de l'ordi, mets du déo !

T'es toute fanée dis voir, t'as l'œil bulbeux et la tête d'une chrysanthème à la toussaint. Allez, retrouve ton regard de chardon, renoncule à tes idées noires, pomponne-toi comme un bouquet d'azalées !


Bon, j'ai un peu forcé sur le terracotta et avec mes cheveux en pétard, j'avais la tronche d'une fleur d'ananas. Mais dans le tas, je passerais inaperçue…


A L'ENTREE :

 

J'arrive donc tôt, à 9H30 pour l'ouverture.
Bien m'en a pris, j'ai pu me garer pile poil devant le parc, au lieu de faire 2 kilomètres à pied (ils attendent 500 000 visiteurs).
Remarque, j'aurais pu aussi penser en mon for intérieur, en soufflant comme une Charolaise : come'on, maman, moove your body, walk donc ! La journée botanique, c'est magique, on en profite ! 2 km en côte, et j'ai les fesses en granit !

 

La file d'attente est quand même longue et je poireaute 20 minutes, cernée par les retraités qui font la visite en pleine semaine. Si vous êtes retraité, c'est pas une critique, on peut être copains. Mais à ce moment là, je me sentais un peu isolée. Pas un bambin braillard de moins de 5 ans à l'horizon, chuis pas dans mon monde.

 

Et vlati pas que 2 couples derrière se font des commentaires rigolards sur les tarifs.

"C'est 20€ pour les visiteurs normaux. Mais pour les étudiants, chômeurs, c'est 16€. Haha, le chômage, ça s'étudie pas ! Faut pas faire grand-chose pour être chômeur ! Pi faut quy cherchent hein, c'est pas en regardant des fleurs pousser qu'ils trouveront du boulot ! Haha !"

Haha.

HAHHHHHAAAAAAAA !!!!!!!!!!!!

J'arrive à la caisse et j'articule à voix bien haut perchée : "voici ma carte de chômeur". Et je me tourne vivement vers eux, comme si j'avais été piquée par une plante carnivore, pour les dévisager. Eux contemplaient leurs pompes.

           Si une mouche avait volé, je l'aurais gobée.

 

PENDANT :

 

L'exposition est vraiment grandiose, je ne peux pas nier.
J'ai mis 3H à tout parcourir, en marchant d'un pas ferme, et en louvoyant comme une glycine entre les grappes des photographes en herbe.

Les parterres de fleurs, montagnes, rivières, étangs, volutes fumigènes, jeux de lumières, compositions artistiques… tout est impressionnant.


Et au milieu de tout ça, mon coup de foudre : un jardin italien, Romiti Vivai, réalisé par Jaulin Paysages. Quelques fraîches statues de romaines drapées, une petite fontaine toute simple en grès beige surmontée d'une pergola minimaliste, entourée de fleurs blanches et roses, et arbustes taillés en rond… un charme fou.

Par ailleurs, j'ai également découvert que certains cactus poussaient sur des arbres. Enfin, il y a un tronc d'arbre (très lisse, soyeux presque) et des feuilles de cactus qui s'épanouissent en son sommet. (un peu comme un martinet, pour ceux qui ont connu ça dans leur jeunesse. Ha, c'est pas la peine d'exulter : "ouiiii, je connais !!!", ça prouve seulement que vous étiez un morveux à l'époque hein)

 

Bon, vous comprenez ce que je dis ? Est-ce que je me fais bien comprendre ?

 

Nan, parce que je veux bien admettre que je m'y connais autant en description florale qu'en barrage électrique.

Le barrage, je me dis : eau couler, turbine tourner, électricité éclairer.

La fleur, je me dis : graine s'enraciner, fleur pousser, couleurs parfumées.

 

La dernière fois que j'ai offert une fleur à la nounou de mes enfants (puisque la petite avait massacré un massif en y catapultant un vélo à mains nues), elle me dit "ho, c'est joli, un dahlia !". Et moi je me suis demandée : "Mais comment elle sait ça ? Elle n'a même pas lu l'étiquette !"

 

Bref, je suis un galet horticole.

Dans l'exubérante composition foisonnante de fleurs tropicales multicolores, je suis la touffe de mousse.

 

APRES :

 

Pourquoi j'vous dis ça ?

Parce que, précisément, les Floralies m'ont quand même un peu déçue.


(Nan, c'est pas vrai, elle va encore chipoter dans son assiette. Tu l'emmènes chez Bernard Loiseau pour déguster un dos de saumon mi-cuit poché dans un beurre au fenouil croquant, elle va te dire quyé plus cuit que mi. Si tu lui offres un foie gras frais de canard cuit au torchon, elle va encore gueuler : Bernaaaaard ?! Keskecé qu'ce torchon ? Yé pas prop' !).

 

Non mais si c'est vrai, la grosse déception quand même, c'est l'absence quasi-totale de pédagogie.
On regarde des trucs, ouh c'est bô, mais on sait pas ce que c'est.

Ya pas d'écriteau, pas d'explications. Nada.

C'est clair, on pourra pas reproduire Romiti Vivai soi-même chez Jardiland.


On est venu, on a vu, on est toujours aussi bourru.

 

Bilan, les Floralies, c'est drôlement bô.

Publié dans côté sorties

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