La loi des séries

Publié le par Kamila

Ce matin, la grande a RDV chez l'allergologue. Et maman fait partie d'un orchestre péruvien (les maracas, c'est moi). Bilan, comme d'hab, j'oublie un truc : les dernières prises de sang sur la table de la cuisine.


A mi-parcours, je fais donc un demi-tour précipité. Limite si la voiture ne sentait pas le crâmé. (mon mari lit par-dessus mon épaule. Koi ?! kimdit ! Mais nan, keujdis, c'était si infime, le voyant "attention verglas" a à peine clignoté, t'façons on n'est même pas en hiver… blabla… les voitures bourrées d'électronique, tu sais bien… blabla… pi y'avait un feu de camp avec un type qui jouait à la guitare, c'est peut-être ça… blabla… des tigres qui sautaient par-dessus le feu… blabla… une odeur de roussi plutôt je dirais… blabla…)

 
J'arrive chez l'allergologue. Habituée au look des ascenseurs modernes, je ne me rends pas compte qu'une porte grillagée correspond à ces vieux monte-charge du début 20ème. 4 étages à pied, avec la benjamine dans les bras, 13kg une fois qu'on lui a enlevé ses 5 doudous indéboulonnables. Je traduis : 4 étages avec une vision réduite à celle d'une pièce de 2€, entre ses couettes, les moustaches d'un tigre, le chapeau de Dumbo, le pied de Minnie et son doigt dans mon nez.

J'arrive enfin, prête à appeler le 15 pour une attaque de pneumonie.

 

Après 1/2H d'attente à empêcher mes petits monstres impatients d'enlever les lattes du parquet avec les dents, c'est notre tour !

L'allergologue parcourt du regard le dossier du patient, où à la question "fumez-vous ?", j'ai répondu "oui, 4 par jour". "A son âge ?", me demande-t-il. Ha crotte, j'ai répondu au nom de toute la famille. D'ailleurs, elle n'a pas eu de péridurale non plus.

 

Bon. Il lui met des gouttelettes sur le bras. Mince, les tests ne fonctionnent pas très bien. Il me demande si la grande a ingurgité de l'aspirine récemment. Ben oui, du doliprane cette nuit car elle s'était plaint d'avoir mal à la tête. Alors, au-revoir madame, on reprend RDV, le doliprane est un anti-inflammatoire, alors que le test cherche précisément à provoquer une inflammation.

 

Il fait chaud. J'ai fait 40 bornes pour rien. La petite se plaint d'avoir mal au ventre. Pfffffououou. Je voudrais pouvoir beugler "télé-transportation !!!!!!" et me retrouver sur une plage, avec le Gala de mai.

 

Ce soir, comme la petite persiste avec sa nausée, je fais une soupe légère. J'ai l'habitude d'en faire 2 fois trop pour en congeler. Je renverse donc le reste dans un tupperware et je m'aperçois que je suis pile poil à la limite du bord.

 

Chui fière hein ! J'ai le compas dans l'œil !

Pas pour longtemps…

 

En mettant le couvercle, je fais gicler la soupe à 3 mètres par sur-pression, et notamment sur la manche de mon tee-shirt blanc. Pas de panique, je suis total self-control, je vais éponger. Je lève le mitigeur de l'évier, l'eau sort trop fort et atterrit pile poil sur le creux d'une cuillère : toute l'eau se répand dans la cuisine, et notamment sur l'avant de mon tee-shirt, emmenant au passage le gras collé à la cuillère qui avait servi aux spaghettis bolos du midi. J'essuie le pourtour de l'évier, et lance de rage la serviette près du tupperware… qui tombe évidemment directement dans la soupe.

 

Cette nuit. Evidemment, la petite a une gastro. Les parents connaissent bien ces moments de grande solitude où la couche du bambin déborde, le pyjama est taché, la turbulette est trempée, la bile goutte du lit sur le tapis.

Bébé pleure (de douleur), maman pleure (de rage et de compassion à la fois), papa pleure (de fatigue), la sœur pleure (par solidarité), le chien aboie, et la caravane passe.

A 2H du mat'.

Au début, on ne sait même par quel bout prendre la pitchoune. Je lui enlève sa couche liquide, je m'en mets bien sûr plein les mains, et je la porte à bout de bras dans la salle-de-bain pour une douche nocturne, parce que c'est clair, à ce stade, ça s'enlève pas avec un coton-tige.

Je l'installe dans la baignoire, et je me dis mince, j'ai oublié sa couche de rechange. Et là, damned, fatiguée et désorientée par ce qui m'attend, je me passe la main dans les cheveux…

 

HORREUR.

Mais qu'est ce que j'ai fait ????

Combien de merdouille et de bactéries je me suis mise dans la tignasse ?

 

Il ne faut surtout pas que je tombe malade ! Mais je ne vais quand même pas me laver les cheveux à 2H du mat' ? Et si je me recouche comme ça dans les draps, pour le peu que je tournicote en plein sommeil, je vais mettre le nez dedans…

Bilan : je me suis enturbannée avec un vieux foulard pourrave tout fleuri, et j'ai fini la nuit comme un fakir tétanisé. Pour isoler les miasmes. Sans compter papa qui ronfle la bouche ouverte, indifférent au danger de sa femme pétrie de vermine volatile !

 


6H30, sonnerie du réveil. Ha, un nouveau jour commence !

Ma grande se lève. Elle me demande : "c'est qui ?".

Ben c'est maman avec des pâquerettes sur le crâne, bien sûr !

"Ha oui" qu'elle murmure, dubitative.

Dis-moi pas que je suis dans la 4ème dimension avec ma propre famille qui ne me reconnaît pas ?!

Dis-moi pas qu'une nouvelle série d'emmerdes va se pointer au compteur ??

 

Si je me regarde dans la glace, est-ce que j'ai la gueule de Bill Murray dans "un jour sans fin" ?

Publié dans côté famille

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