A la pharmacie

Publié le par Kamila

 

 

La grande est asthmatique et nous fait bronchite sur bronchite. Elle a besoin d'un traitement régulier, avec des médicaments à respirer sous forme d'aérosols.

Je passe donc dans une pharmacie pour chercher ses doses.

 

Et le pharmacien me demande : "Vous avez une chambre ?"

 

Mes yeux deviennent hagards. Telle une politicienne aguerrie par 27 ans de débats parlementaires et d'interviews de Claire Chazal, je répète la question pour me donner le temps de réfléchir : "Vous me demandez si j'ai une chambre ?"

Genre : Yo man ! Toi et moi, on est frères pour la vie ! On est sur la même longueur d'onde ! Tu me demandes un truc, et moi je comprends comment tu me parles !

 

Lui, lentement et prudemment me dévisage, l'air de soupeser si la dinde en face de lui ferait 4 ou 6 personnes à Noël, et si mes yeux sont vides parce que ce sont des figues.

 

6 options arrivent directement dans mon cerveau sous-oxygéné.

 

ONE / Chambre à air ? Chambre forte ? Chambre froide pour congeler notre fille le temps qu'on trouve un traitement contre la toux ?

 

TWO / Peut-être s'agit-il d'une chambre d'hôtel ? Parce qu'on sera tous mis en 40aine comme des souffreteux, pendant que des hommes en combi blanche viendront tester la radioactivité de la maison, et découvriront des tas de mini acariens en forme d'E.T., en train de se taper une pizza dans le frigo ?

 

THREE / Qu'est ce qu'on devient quand on n'a pas de chambre ? Il refuse de nous refiler une dose ? Parce qu'on peut pas sniffer du corticoïde bronchodilatateur en public ?

 

FOUR / Il serait pas en train de me draguer devant mes enfants en bas âge, le mufle ? Et comme c'est un pharmacien, il effectue d'abord un diagnostic de la situation : Vous prenez la pilule soluble ou en comprimé ?

 

FIVE / Il veut savoir si nous avons les moyens d'isoler notre bronchitique purulente du reste de la famille ? Car le traitement, c'est l'enfermement jusqu'à ce que les postillons se solidifient par terre afin que maman puisse passer l'aspi. Et ne laissez aucun plant de tomates dans les parages pour ne pas choper le mildiou.

 

SIX / Il tente de reconstituer l'environnement familial pour y détecter des facteurs favorables à la propagation des miasmes. Je lui dis quoi ? Non, nous n'avons pas de chambre, nous dormons tous ensemble dans le salon, et papa ronfle en aspirant toutes les bactéries autour des filles, puis il se tourne pour les exhaler vers maman, et c'est pour ça que j'ai une haleine de phoque crevé au lever.

 

Je choisis l'option SEVEN / Je réponds, incertaine : "heu oui, nous en avons 3"

Il me rétorque, dans un rictus : "Je parle de chambre d'inhalation bien sûr"

 

Je souris.

Je souris à la vie.

Ce ne sera pas la peine de lui avouer que toute la famille crougnoute de la bouche le matin.

Publié dans côté famille

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vero la voisine 13/05/2009 14:58

à force de pleurer de rire je vais finir par réveiller mon fils! tu devrais te lancer dans la profession humoriste! téléphone à Ruquier par exemple ou envoies-lui ton adresse de blog ; je ne sais pas mais tu mérites d'être connue (je te rassure, je n'en doutais pas avant!) biz