Je suis UTILE !

Publié le par Kamila

Ca y est, je suis au chômage.

Je me suis crevée à bosser comme une folle pendant des années, et me voilà avec un tunnel de plusieurs mois, à regarder les bourgeons éclore.

Mais je ne peux pas me reposer, je ne sais pas comment faire.

Et il faut que je prouve à mes enfants et à mon mari que je n'ai pas un poil dans la main. Maman n'est pas en train de se baffrer d'ananas et de cocktail bleus fluos en feuilletant paresseusement Gala, pendant que l'un est en train de cavaler comme un fou sur ses chantiers, et les autres en train de suer devant leurs puzzles à 10 pièces, ou d'être abandonnés sous la garde d'une nounou alors que maman, ses câlins et ses crêpes au chocolat pourraient les garder à la maison.

 

Non, je dois montrer que je suis active ! Comme d'hab !


J'ai donc commencé à faire du ménage. (Ha ! Une activité à ma portée !)
Genre une salle-de-bain pour les enfants qui n'avait pas vu d'éponge depuis 3 mois. Avec des molletons de poussière derrière le pied du lavabo et entre les lattes du radiateur en fonte.
De vrais pissenlits domestiques !

Je me mets donc à frotter, tout en restant habillée avec ma petite jupe bleue et mon tee-shirt beige, parce que bien sûr, je ne me salirai pas pardis ! On est "rue Gama" ici ! On fait la lessive en chantant, le style Mappa chic ! Je ne me laisserai pas aller, non ! Je suis la Greta Garbo du lavabo, la Grâce Kelly de l'aspi !
Bon, c'est sûr, quand j'inspecte les travaux à venir, j'ai plutôt la bouche en cul de poule de mère Denis. (hého, quoi ? je sifflote, c'est tout, j'ai le droit nan ?)

Evidemment, je me fais gicler l'éponge pleine de moumouttes noirâtres sur la tronche, je ramasse les toiles d'araignées sous le lavabo avec mes cheveux, je me gratte la joue en oubliant que je viens de passer les toilettes à l'eau de javel, je passe régulièrement au-dessus de l'aspirateur qui souffle son air chaud sous ma jupe ! Et donc, toutes les saletés de microbes que je viens d'aspirer sont directement projetées sur ma culotte. D'autant plus que je dois avoir affaire à des microbes mutants. Limite s'ils ne commencent pas à se voir à l'œil nu, tellement ils se sont bâffrés pendant des semaines.


Et tant qu'à faire, soyons logiques. C'est bien plus intéressant de laver d'abord la baignoire, puis de se rendre compte après que la fenêtre du dessus, cette petite horreur triangulaire inaccessible, suinte la crasse. Je décide donc de me lancer avec ma petite éponge à l'assaut d'un an de gras et j'en fais tomber dans la baignoire.
Arrêt sur image : je m'immobilise, une main en l'air avec mon éponge, le pied droit sur le robinet, le pied gauche en suspension dans le vide, je cligne des yeux d'un air perplexe, je regarde les boulettes noirâtres au fond de la baignoire qui vient d'être désinfectée, et je me demande : mais qui c'est qui m'a pondu une bille pareille ? Mais pourquoi je fais toujours les choses à l'envers ? Pourquoi je repasse toujours 15 fois à refaire les mêmes corvées, alors qu'il suffirait de s'organiser logiquement ?

Mais enfin, la salle-de-bain est propre, les traces de gouttes de mercurochrome ont disparu (hého j'y pense, j'en avais fait gicler sur les fesses boursoufflées de ma pitchoune lors de sa dernière gastro... or donc, le ménage n'aurait pas été fait depuis 5 mois ? vite, avec ma pince à épiler je devrais trouver suffisamment de peaux mortes pour faire un test ADN de paternité)
("et un test de paternité dekidekoi ?" me demande mon mari - mais nan, c'est une blague en rapport avec les experts de Miami, tu sais, alors Horacio prend son microscope, et alors Hélène arrive et lui demande : mais pourquoi t'enlèves pas tes lunettes de soleil ? Alors il se retourne ... blabla... douilles de calibre 25... blabla... test de paternité positif... blabla...)

 

Et je suis fière de moi. Quand mon mec me demandera : "et toi, qu'est ce que tu as fait aujourd'hui ?", ben j'aurai des trucs à dire.

Lui : "Holala, quelle journée ! On a coulé 3 millions m³ de béton en 10H au lieu de 12H prévues, j'ai fait gagner 50 000 € à ma boîte, j'ai managé 150 bonhommes, je pense que je vais avoir une augmentation de 30%. Et toi ?"

Moi : "Ecoute, j'ai pas arrêté, je suis crevée. J'ai sorti 20 tonnes de déchets de la salle-de-bain à mains nues, j'ai éradiqué 3 araignées qui avaient la peste bubonique, je pense que la famille est désormais à l'abri. Si tu veux, on peut bouffer sous le lavabo tellement c'est propre maintenant. Ya quoi à la télé ce soir ?"

 

Voilà, je ne peux pas imaginer me reposer si je n'ai pas la sensation d'avoir fait mon devoir d'abord.


Publié dans côté maison

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CéCé Mme Patate 01/06/2009 10:26

Très bonne idée !!!!!!
Mais avec la moquette c'est plus difficile !
Bisous
CC